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Abraham : « Va, je te montrerai » : le texte

Il avait soixante-quinze ans quand tout a commencé. Il s'appelait Abram.
Il vivait dans une grande ville, riche, confortable. Il avait une maison, une famille, un pays. Autour de lui, tout le monde adorait des idoles de pierre.
Et un jour, une voix lui parle. Une voix qu'il ne connaissait pas : « Quitte ton pays, ta famille, la maison de ton père. Va vers le pays que je te montrerai. »
Remarque bien : Dieu ne lui dit pas où. Il dit seulement : « Va, je te montrerai. »
Abram aurait pu demander une carte. Il aurait pu dire : « Explique-moi d'abord. » Il plie ses tentes, et il part.
Il marche des mois. Il vit sous la tente, comme un étranger, dans un pays qui n'est pas le sien. Il n'aura jamais de maison en dur. Toute sa vie, il sera un voyageur.
Dieu lui avait fait une promesse énorme : « Je ferai de toi une grande nation. » Mais il y avait un problème : Abram et sa femme, Sara, n'avaient pas d'enfant. Et ils étaient déjà vieux.
Une nuit, Dieu le fait sortir de sa tente : « Regarde le ciel. Compte les étoiles, si tu peux les compter. Ta descendance sera comme cela. »
Et Abram le croit. Pas parce que c'était logique : parce que c'était Dieu qui l'avait dit.
Les années passent. Dix ans, vingt ans… toujours pas d'enfant.
Il se trompe, parfois. Il a peur, il ment sur son identité pour se protéger. Il essaie d'aider Dieu à sa manière, et ça fait du mal autour de lui. La Bible ne cache aucun de ses défauts.
Mais Dieu, lui, ne change pas d'avis. Il revient. Il lui donne même un nom neuf : Abraham, « père d'une multitude ». Un nom que tout le village pouvait entendre, alors qu'il n'avait toujours aucun fils.
Un jour, trois visiteurs arrivent. Abraham court, il prépare un repas, il les sert lui-même sous un arbre. Et l'un d'eux dit : « L'an prochain, Sara aura un fils. »
Sara, derrière la tente, éclate de rire. Elle a quatre-vingt-dix ans.
Un an plus tard, l'enfant naît. Ils l'appellent Isaac : « il rit ». Vingt-cinq ans d'attente, et Dieu avait tenu parole.
Plus tard, Dieu demande à Abraham la chose la plus dure de sa vie : monter sur une montagne avec ce fils. Abraham obéit sans comprendre. Et au dernier moment, Dieu arrête tout et pourvoit lui-même un bélier. Abraham appelle cet endroit : « Le Seigneur pourvoit. »
Il parlait à Dieu comme à un ami. Il discutait même avec lui pour sauver une ville entière. Et la Bible lui donne un titre que personne d'autre ne porte : l'ami de Dieu.
Abraham n'a pas vu la grande nation promise. Il a vu un seul fils. Et il a fait confiance pour la suite.
Et toi, est-ce que tu accepterais de partir sans savoir ?